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parce que je le vaux bien, et puis vous aussi, alors …
La sociologie de l’acteur-réseau pour les geeks
Bon alors je vais la faire courte histoire de ne pas t’endormir, toi qui est déjà perdu sur ce blog et qu’il s’agit de ne pas traumatiser. La sociologie c’est un tas de gens qui sont pas d’accord sur la façon de voir le social. Globalement certains disent “ouiiiii, le social il tient grâce à des structures objectives extérieures aux individus qui s’imposent à eux et qu’ils ne font que reproduire” et d’autres qui disent “ha mais non quand même, on est pas d’accord, le social c’est plein de bonhommes qui créent de la stabilité et de la norme en interagissant les uns avec les autres, en se parlant tout ça tout ça.” En générale, personne ne se positionne clairement pour l’une et l’autre des propositions. On choisit vaguement une sorte de compromis entre les deux sans jamais vraiment se décider et on préfère l’observation et le travail de terrain aux controverses intellectuelles (pourtant cré cré importantes sisi). Finalement il y a entre ces deux pôles beaucoup de théoriciens qui se cassent les dents à définir la méthode sociologique correcte. En ce moment, je lis un monsieur qui s’appelle Bruno (Bisous si tu me lis Bruno), Bruno Latour même, et qui lui défend la théorie de l’acteur-réseau qui en gros considère que le social est fait de flux entre des lieux, des individus, des histoires, des institutions, et que ces flux incessants doivent être décrits pour saisir l’essence du social. Ok, là je sens que tu t’impatientes. Je dis juste ça parce que son livre en plus d’être intéressant est très drôle à lire, et lorsqu’il explique en quoi l’individu n’est pas constitué de stabilité mais de flux de compétences, je trouve ça sympa de te faire partager sa métaphore. La voici donc petit geek de mon coeur, ne me remercie pas (ou si tiens, remercie moi, j’aime bien) :
« Lorsque vous atteigniez un site du cyberespace, il arrive souvent que vous ne voyiez rien apparaître à l’écran jusqu’au moment où un avertismment amical vous suggère que vous ne « disposez pas des pug-ins requis » ; on vous demande alors de « télécharger » un bout de logiciel qui une fois installé sur votre système, vous permettra d’activer ce que vous étiez incapable de voir auparavant. Si cette métaphore du plug-in est pour moi si parlante, c’est parce que la compétence ne vous est plus donnée d’un bloc mais qu’elle vous parvient par morceaux, par paquets d’information. Point n’est besoin d’imaginer un humain « en gros », doté d’intentionnalité, faisant des calculs rationnels, se sentant responsable de ses fautes ou angoissé par sa destinée mortelle. Au contraire, vous réalisez que, pour obtenir des acteurs humains « complets », il faut plutôt les composer à partir de nombreuses couches successives, dont chacune est empiriquement distincte de la suivante. L’acteur compétent se compose désormais de pelotes ou, pour emprunter à nouveau la terminologie du cyberespace, de patches et d’applets, dont on peut localiser l’origine précise grâce à un moteur de recherche avant de les télécharger et de les enregistrer un à un. »
Bruno Latour, Changer de société, refaire de la sociologie, Paris, La Découverte, 2007, p304 [ça c'est pour faire sérieux]
caÿ l’opital kisfou dla charite lol mdr
bidule : salut lol
Equip’ : oui mais non faut que tu arrêtes avec “lol” lÃ
bidule : ha bon? pourquoi ?
Equip’ : c’est chiant “lol”, horripilant même
bidule : lol
Equip’ : …Tu peux pas citer du Vian et mettre “lol” Ã la fin de tes phrases, c’est contre nature
bidule : haha ^^
(deux minutes après)
bidule : ba t’es pas très locace
Equip’ : ba le “lol” m’a un peu refroidie là .
bidule : Alors je vais te laisser. Je déteste les gens qui ne font aucun effort de conversation.
